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La seconde vie Made in Pantopie

Après sa première reflexion "Pandémie, Pantopie et Pangloss", Mr Hamid Tawfiki, DG de CDG Capital, partage avec nous sa deuxième tribune "La seconde vie Made in Pantopie". Une perspective optimiste dans ce contexte difficile.

" Se mettre en chemin sur ses deux pieds, et, jusqu'au soir, le presser, le reconnaitre, le bien traiter ce chemin qui, en dépit de ses haineux, nous montre les fétus des souhaits exaucés et la terre croisée des oiseaux " René Char

Oui, comme d’habitude, le temps percole et parfois s’envole. Il est vrai aussi que le temps fuit et emporte avec lui tout ce que nous laissons échapper. Mais, selon un proverbe indien, le temps est un présent éternel.

Il existe des moments qui vous laissent, le temps d’un instant, un goût d’éternité ou une sapidité de chrysalide. C’est dans l’intensité de ces moments que l’essentiel se transforme en urgence et il devient nécessaire d’être attentif à la qualité de l’instant. Bien sûr, l’instant fulgure ; il déchire le silence et la nuit de l’attente, mais ces moments opportuns que nous vivons, sont notre Kairos.

Miss Pandémie, l’ennemie numéro un de Pantopie, nous amène, inéluctablement, à nous poser la question de notre rapport à la mort. Nous savons, tous, qu’il y a deux âges dans la vie : un âge où la mort ne concerne que les autres, ie la mort vague dixit Spinoza, et un âge où l'on pense à sa propre mort. Au sein de Pantopie (The All-Place) nous sommes, aujourd’hui, individuellement et collectivement, en train de vivre ce passage, simultanément, en direct, live while alive.

Il est bien connu, qu’une fois posée l’idée de sa propre mort, un présent plus consistant devient possible. Ce moment-là, en paraphrasant un grand poète, est l’occasion de faire en sorte que toute fin supposée soit une neuve innocence.

Pour éviter que notre Pantopie ne se disloque en regardant ailleurs, aidons-la à entrevoir cet espace accru qui apparaît devant nous, qui s’illumine en nous, qui n’a pas la facilité du songe. Imperceptiblement, quelque chose d’immense, d’intense, s’annonce impérieusement : La Seconde Vie de Pantopie. Il s’agit de ce moment où, consciente de sa propre mort à venir et du temps qui lui reste à vivre, Pantopie décide de donner un nouvel essor à son existence. 

Au départ, Pantopie est plutôt induite. Elle aura, dorénavant, à répondre, aux vraies questions, sans angoisse, en parfaite conscience, mobilisée, déterminée, libérée.

Comment se redéployer dans un nouvel élan ? Comment redonner corps et sens au progrès dans un contexte viral ? Comment convertir le découragement en reconquête de l'avenir ? Comment faire que le risque systémique soit notre clarté ? Comment ne pas oublier que le destin de tout homme est marqué par l’empreinte de l’altérité ? Comment se focaliser, avec joie, sur les besoins essentiels au lieu d’être corrompu, en continu, insidieusement, par les envies? Quand adopterons-nous le contrat naturel ? Quand aurons-nous une gouvernance mondiale, focalisée sur les essentiels, sans ambages mais avec beaucoup de responsabilité : la W.A.F.E.L (*) au lieu et place de l’O.N.U ?

C’est pendant ce moment, Kairos, que l’action spontanée de Pantopie y sera propice, libérée de failles ou de contractions. Avec un optimisme de combat, Pantopie devra être du premier soleil, savoir guetter les rougeoiements de l’Aube.

Vaille que vaille ! Nous avons, absolument, besoin d’un surgissement qui traverse la limite, qui franchit l’obstacle et qui se risque dans un espace imprévu. L’inconnu : ce dont nous ne sommes pas maître, ce dont l’appel ne cesse de nous tenir éveillé, ce qui nous provoque, cet horizon inaccessible où se fomente notre destin. L'infortune et la chance. Mais cette dernière s’annonce dans des personnes, dans des vivants, dans des visages !

Appariée à l’inconnu, Pantopie est vouée au duel et doit ajuster sa réponse à la provocation de l’avènement de sa Seconde Vie. Ad Astra Per Aspera.

Adishatz et Good luck to all of us !

(*) Michel Serres, qui nous manque tellement, avait proposé la création d'une véritable institution mondiale, qui représente l'eau, l'air, le feu, la terre et les vivants, la Wafel (water, air, fire, earth, living).

 

L'article a été publié initialement sur LinkedIn.

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