Flash post-Conseil de Bank Al-Maghrib
Suite à la tenue du deuxième Conseil de Bank Al-Maghrib au titre de l’année 2020, le 16 juin, deux décisions importantes ont été prises concernant la conduite de la politique monétaire.
- La baisse exceptionnelle de 50 Pbs du taux directeur à 1,5 %, soit un niveau historiquement bas depuis la réforme du cadre de la politique monétaire au cours des années 90, avec la suppression de l’encadrement des crédits (1993) et la libération des taux débiteurs (1996 ). De même, la dernière baisse de 50 Pbs remonte à janvier 2003. Depuis cette date, Bank Al -Maghrib procédait à des variations limitées à 25 Pbs.
- La neutralisation de l’instrument structurel de la politique monétaire, en l’occurrence la réserve monétaire obligatoire (RMO) en baissant le taux de 2% à 0%, soit l’équivalent d’une injection permanente d’environ 12 MrdDH dans le circuit bancaire .
Ces deux décisions, qui interviennent dans un contexte, économique et financier, extrêmement difficile sous l’effet de la crise sanitaire Covid19, consolident l’orientation expansionniste de la politique monétaire entamée depuis le début de la crise en mars 2020 avec :
(i) la baisse de 25 Pbs du taux directeur à 2% en mars ;
(ii) l’élargissement du collatéral éligibles aux opérations de refinancement
et (iii) le renforcement des opérations non conventionnelles, particulièrement les prêts garantis dans le cadre du programme « Intilaka ».
Le Requin et la Mouette : La triple réconciliation
« Pendant que l’on cherche à construire, sans conviction réelle, un futur incertain, appelé, par certains, The New Normal 2.0, nous voici, à ce point crucial où s'entrevoit la possibilité d'une triple réconciliation ... »
M. Hamid Tawfiki, DG de CDG Capital partage avec nous sa tribune sur ce sujet, où il est question de covid19, de durabilité, de finance et de leadership.
« Je vois enfin la mer dans sa triple harmonie, la mer qui tranche de son croissant la dynastie des douleurs absurdes, la grande volière sauvage, la mer crédule comme un liseron ». René Char
Le monde aujourd’hui hurle de douleur parce qu’il commence son travail d’enfantement. Il doit prendre des risques. Il doit inventer de nouveaux rapports entre les hommes et la totalité de ce qui conditionne la vie : santé, éducation, climat, morale, politique, sciences et techniques. Nous nous apprêtons à quitter notre monde pour d’autres, possibles, et nous devrons laisser de côté les usages et normes qu’induit notre histoire passée. Nous entrons dans un futur incertain dénommé F-Quark !
Pendant que l’on cherche, maintenant, à construire, sans conviction réelle, un F-Quark appelé, par certains, The New Normal 2.0, nous voici, à ce point crucial où s'entrevoit la possibilité d'une triple réconciliation : entre l’homme et la Nouveauté ; entre l’homme et le Système ; entre l’homme et la Nature. Oui, une nouvelle espérance est possible. Un sens est possible. Des valeurs existent, qui méritent d'être défendues. Pour que notre parcours commun progresse d'un pas plus sûr dans la voie de demain.
1ère Réconciliation : Avec la Nouveauté
“La vraie nouveauté naît toujours dans le retour aux sources.” Edgar Morin
Les grandes amours commencent sans foudre ni coup. L’avènement marque une naissance, fait surgir une existence, fait naître, des sujets, une histoire. Nous savons que toute naissance néantise une mort. La vie naissante cache la mort qu’elle relaie. Ce que la chenille appelle la mort, le papillon l'appelle renaissance.
Un grand écrivain disait souvent à ses élèves que si vous avez vocation d’écrire, apprenez, au premier chef, à parfaire votre exorde. En effet, en son avènement, tout le propos se condense, comme en modèle réduit ; son éclair allume les regards et son signal ouvre les oreilles. Nous commençons comme lorsque nous changeons et nous réalisons ex-post que les nouveautés arrivent toujours comme un voleur dans la nuit, sur des pattes de colombe.
N’oublions pas que les origines jaillissent comme bifurquent les péripéties et que les naissances éclatent comme les rencontres et les circonstances. Nous suscitons, depuis la nuit des temps, d’autres mondes, d’autres genèses, un nouvel homme. Nous avons toujours quitté nos gîtes : l’animalité trop peu, l’Afrique autrefois, les cavernes jadis, l’Antiquité naguère, la terre ferme pour naviguer par la mer mobile et les turbulences de l’air, la cueillette et la chasse avant-hier, l’agriculture hier. Notre espèce est, par construction, condamnée à être déconfinée à jamais. Voilà son destin sans définition, sa fin sans finalité, son projet sans but, son voyage, non, son errance, l’escence de son hominescence.
Rappelons que pour progresser, l’homme a toujours construit des concepts en posant et en décrétant des hypothèses. Avec le temps, il commence à voir les limites de leurs pertinences. A titre d’exemple, l’efficience du marché était une hypothèse indiscutable ex-ante et nous avons longtemps espéré, en vain, qu’elle devienne une Aléthea ex-post. Belle illusion et triste attrition. Autre exemple, le taux d’intérêt. Il a été défini comme étant le prix du temps, mais aujourd’hui avec des tarifs négatifs qui perdurent et se généralisent, que doit-on penser de la valeur ainsi induite de l’avenir, de notre futur ? Et pour clore le tout, nous avons vu dernièrement des vendeurs de barils offrir, sans gènes, des prix négatifs. Du jamais vu, du jamais pensé ! Tout cela nous hèlent, nous interpellent. La fission froide n’est peut-être plus une chimère.
Tout changement d’échelle demande une rectification des concepts. Il faut, a priori, savoir chercher. Mais messieurs les trouveurs, pas de panique ! La sérendipité est là pour nous sauver. La sérendipité est un joli mot emprunté à l’anglais, c’est un anglicisme exquis. La langue française n’a pas d’équivalent. La sérendipité veut tout simplement dire le bonheur de trouver ce qu’on ne cherche pas. De l'ancien Monde au Nouveau Monde. Embarquement immédiat. Sérendipitement vôtre.
2ème Réconciliation : Avec le Système
“No man is an island – he is a holon” Arthur Koestler
Dans le système, l’homme n’est plus homme, il est Homo Systemicus (HS). Il y a une différence entre l’homme qui pense par lui-même de celui qui est possédé par des systèmes. Dans un système tout se tient, tout est ficelé, il n’y a pas de fenêtre qui donne vers le dehors. L’Homo Systemicus est un homme qui a intériorisé les valeurs d’un système et qui, réglé comme un métronome, agit en fonction des valeurs qui lui ont été inculquées.
En somme, HS est l’humain déshumanisé. Il est tout le temps autre car il est étranger à lui-même ; autre que l’homme, il est un étrange étranger, un être indéfinissable, qui a bien quelque chose d’humain, une partie de lui indéterminable, dont on ne saurait percevoir les contours, et aussi quelque chose de systémique, qui moule sa structure intellectuelle et le conduit à penser d’une certaine manière soigneusement prédéfinie par le ou les systèmes.
Comment réconcilier l’Homo Sapiens avec l’Homo Systemicus ?
Certes, l’organisation n’est pas une donnée naturelle mais un construit social, cependant nous pouvons légitiment nous poser les questions suivantes : pourquoi les systèmes organiques – l’amibe, le ver de terre, l'organisme humain - trouvent-ils des équilibres réussis d'individuation et d'intégration, de différenciation et d'homogénéisation, alors que les organisations, les institutions, les groupes, construit par l’homme, sont sujets à des déséquilibres entraînant un dysfonctionnement douloureux et coûteux? Pourquoi ces systèmes supra-organiques ne trouvent-ils pas naturellement des équilibres sains non destructifs du système durable?
Pour obtenir une réconciliation réussie, certains ont avancé l’idée d’avoir des systèmes Robustes qui sont des systèmes de Puissance et d'Amour. Ces nouveautés sont une possibilité pour tous les systèmes sociaux de nos vies: la famille, l'équipe, l'organisation, l’école, l’entreprise, la communauté, et la nation.
Ainsi la Puissance d’un système Robuste viendrait de l’individualisation et la différenciation. En effet, de la liberté et de l’indépendance de ces membres, le système peut expérimenter, tester, fureter et se challenger. Grâce à l'énergie de l’ensemble du système, ce dernier élabore son potentiel, adapte sa structure, explore un large éventail de formes et de processus d'interaction complexe avec ses environnements.
Pour ce qui est de l’Amour d’un Système Robuste, celui-ci viendrait de l’homogénéisation et l’intégration. La reconnaissance, la préservation de la cohésion, l’engagement et l’union des membres du système, leur permettra ainsi de soutenir et d’être soutenu par les autres pour une cause commune.
Vu sous cet angle, il devient clair que les processus d'Amour soutiennent ceux de la Puissance et réciproquement. Il est aussi évident que choisir l’un sans l'autre conduit à l’inévitable conséquence destructrice du système. Il est également visible que si nous pouvions voir, comprendre et maîtriser ces processus du système entier, il nous serait possible de créer des systèmes sains et productifs – Systèmes Robuste, Systèmes de Puissance et d'Amour. Does-it ring a bell to you?
3ème Réconciliation : Avec la Nature
« La nature a horreur des trop longs miracles » Albert Camus
Le Monde ou la Nature : Homo Sive Natura
« Terre, t'aimons-nous ? ». Le diagnostic que la communauté scientifique pose sur la santé de la planète et de sa biodiversité - composée des « vivants » humain, végétal, animal - est sans appel. Une santé dont les causes de la détérioration ne sont pas endogènes et au contraire résultent du seul travail, de la seule pugnacité, de la seule hargne de l'homme. Ici, travail, pugnacité, hargne sont drapés d'un sens tout particulier : celui de la vanité et du mercantilisme, de l'arrogance et du consumérisme, de l'égoïsme et de la rapacité, de l'utilitarisme et de l'inconsistance. La technologie va nous sauver de tout, pense-t-on communément. Or cette fallacieuse considération obstrue notre lucidité et nous plonge dans une cécité propice à l'indicible. « Dès que l'on se croit supérieur, on se met en danger », prévenait Darwin.
L'homme n'a pas d'autre choix que de se réconcilier avec la Nature. La réconciliation entre l’homme et l’environnement, ce qui passe par la reconnaissance d’une nouvelle norme, celle de sauvageté. En reconnaissant la part positive et civilisée du sauvage, opposée à la sauvagerie, cette norme invite à un dialogue renouvelé entre l’homme et la biosphère. Il s’agit aujourd’hui de promouvoir un projet de développement durable qui permette de réconcilier les sociétés et les hommes avec leurs environnements.
Pour le meilleur et pour le pire, l’information et la communication, avec ses intermédiaires et ses pouvoirs, traversent la Terre entière et ses habitants; elles définissent de nouvelles communautés, un «nous» global. A la Terre entière, correspond donc aujourd’hui l’humanité, non plus abstraite, sentimentale et potentielle, comme naguère, mais actuelle et bientôt effective. Un certain humanisme renaît.
Sur le sujet de la nature, passe-partout propose d'éduquer collectivement le savant, le technicien, le politique et l’usager, comme nous éduquons nos enfants, individuellement, depuis l’origine de toute éducation. Nous devenons, sur le tard, des adultes de la connaissance et de l’action. Cette exigence de symbiose avec la Nature change aujourd’hui le rapport de connaissance. Pantope nous le répétait depuis la nuit des temps. Avant la connaissance, l’échange; pour rendre équitable l’échange il faut un Contrat. La connaissance commence avec le droit; de même l’action technique commence par le droit d’échange. Commence alors une symbiose de l’objet-monde global et du sujet-genre humain global. Le droit fonde la symbiose.
Nous savons que le libre marché est simplement une « utopie physique ». L’économie ne peut se développer que si elle est en harmonie avec la Nature. Nous devons adopter une conscience économique plus grande qui nous conduira à la création d’une nouvelle économie humaine, existentielle, naturelle, une économie qui travaillera main dans la main avec l’écosystème pour la sauvegarde de la biosphère. La rationalité et l’efficacité ne suffisent pas à garantir les bases du succès de la vie.
Bien sûr, cette terre, nous tous l'aimons. Il s'agit simplement de savoir l'aimer. Des preuves d'amour suffiraient. Vivre en harmonie avec le vivant ne constituerait-il pas un sacré beau projet ?
Et pour finir, faisons appel à René Char qui disait : « Pour que l'arc-en-ciel, ce lien de la terre et du ciel, présage une réconciliation, instaurons une nouvelle unité : une neuve innocence ». La vie humaine, quand elle prend conscience d'elle-même dans la naissance, n'est rien d'autre que cette tension entre l'appel du devenir et l'angoisse de la rétention.
Vivre, c'est maintenir, soutenir cette tension.
“Although we are by all odds the most social of all social animals – more interdependent, more attached to each other, more inseparable in our behavior than bees – we do not often feel our conjoined intelligence.” Lewis Thomas
Une Tribune de Hamid Tawfiki.
Webinar : Economie nationale et marchés des taux post Covid 19 - Quelles perspectives ?
Revivez l'intervention de CDG Capital lors du webinar organisé par La Bourse de Casablanca et l'APSB (association professionnelle des sociétés de bourse) autour de la thématique : Economie nationale et marchés des taux post Covid 19 - Quelles perspectives ?
Relance ou Renaissance : les lents demains qui chantent
L’avènement de cette crise nous bouscule et nous éclaire. Le caractère désormais inconnu de l’aventure humaine doit nous préparer à s’attendre à l’inattendu pour l’affronter. Découvrez une nouvelle réflexion de monsieur Hamid Tawfiki, où il est question d'avenir, de durabilité et de transformation.
« D’argile et de pierre, de bois et de sable, les pieds déchirés d’avoir trop gambadé du levant au couchant, l’Afrique, parchemin dans le midi du soleil, coulées de laves incandescentes frappant le sol sans égard, l’Afrique, masques ballets de nuit bariolée d’encre bleu sombre, l’Afrique, terre qui nous précède, est commencement de tout commencement. » Écrivain africain
Dans la rosée de notre terre ombilicale, quand l’espoir est dilué dans l’abîme, l’Homo Sapiens, accablé par son insoutenable légèreté de l’être, cherchant éperdument aux hasards des sentiers, le chemin vers la montée, il escalade vaillamment les murs, il persévère, tel Sisyphe, fils d'Éole et d'Énarété, et il finit toujours par y arriver !
Qu’est-ce qui fait que, pendant ces temps de crises, l’Homo Sapiens tient si vertical ?
Est-ce dû à la puissance de l’espérance? Oui, sans hésitation. Si, parfois, on pense que l’espoir ne dure pas, alors, il faut se rappeler que l’espérance ne s’éteint jamais, elle perdure au-delà des moments difficiles car elle s’inscrit dans le temps long. L’espérance est une confiance pure et désintéressée en l’avenir. L’espérance traduit une confiance profondément ancrée, elle porte une dimension transcendantale, elle est indissociable de la paix intérieure, de la sérénité et de la sagesse.
Quid de la puissance de l’ex-nihilo ? Oui, bien sûr ! N’oublions pas que le logiciel de la production du monde est notre BIOS éternel. La naissance est d’abord commencement, elle désigne non pas ce qui a été, mais ce qui peut arriver, non ce qu’on a déjà réalisé, mais ce qui est puissance d’être. La naissance produit l’unicité et l’inédit. Elle se conjugue dès lors au futur antérieur.
Avec la présente crise, le rêve doux d’Homo Sapiens est de faire de l’histoire qui l’attend, une Renaissance, c’est-à-dire, celle qui le pousse à voir bégayer la belle vielle histoire qui conte l’écroulement du Moyen âge. Nous pensons, secrètement, que cette époque à venir, devrait être, comme le fut la Renaissance, l’occasion d’une re-problématisation généralisée. Presque tout est à repenser. Presque tout est à commencer.
Presque tout, en fait, a déjà commencé, mais sans qu’on le sache, presque à notre insu. Nous en sommes au stade des préliminaires modestes, invisibles, marginaux, dispersés. Il existe déjà, sur tous les continents, en toutes les nations, des bouillonnements créatifs, une multitude d’initiatives locales dans le sens de la régénération économique, ou sociale, ou cognitive, ou éducationnelle, ou éthique. Cela étant dit, en attendant de devenir Homo Deus, Homo Sapiens se doit d’être aujourd’hui l’entrepreneur de ce nouveau monde qui advient.
Mais tout, ce qui devrait être relié, est dispersé, séparé, compartimenté. Ces initiatives ne se connaissent pas les unes les autres, mais elles sont le vivier du futur. Comme le disait Edgar Morin, ce sont ces voies multiples qui pourront, en se développant conjointement, se conjuguer pour former la voie nouvelle qui nous dirigera vers l’encore invisible et inconcevable métamorphose. Pantope l’avait déjà dit : la transdisciplinarité et le tiers instruit sont les vrais clés de demain.
Sans le savoir et sans le vouloir, nous sommes tous aveugles sur les infirmités, les difficultés, les propensions à l’erreur comme à l’illusion, de la connaissance humaine. Aussi doit-on nous préparer à l’affrontement des risques permanents associés qui ne cessent de nous parasiter l’esprit. Il s’agit de nous préparer au combat vital pour la lucidité. Et c’est maintenant ou jamais !
« L’attendu ne s’accomplit pas, et à l’inattendu un dieu ouvre la voie. » Euripide
Par ailleurs, l’avènement de cette crise nous bouscule et nous éclaire. Le caractère désormais inconnu de l’aventure humaine doit nous préparer à s’attendre à l’inattendu pour l’affronter. Il nous faudra établir des stratégies souples et modifiables, qui permettent d’affronter les aléas, l’inattendu et l’incertain, et de modifier leur développement, en vertu des informations acquises en cours d’action. Il s'agit d'espérer en l'inespéré et œuvrer pour l'improbable. Enfin, pour paraphraser un illustre médiologue, je dirais qu’il nous faudra apprendre à naviguer dans un océan d’incertitudes à travers des archipels de certitude.
Une chose est certaine : la conviction devra être la réplique à la crise. La hiérarchisation des préférences nous oblige, l’intolérable nous transforme, de fuyard ou de spectateur désintéressé, en homme de conviction qui découvre en créant et crée en découvrant. Il nous faudra desserrer l’urgence des improvisations hâtives, des impulsions convulsives, en maintenant l’avenir à bonne distance, en le protégeant. Si, souvent, le téméraire peut croire en son immortalité, le courageux sait que la finitude crée la seule temporalité. La vérité, c’est que le temps manque déjà.
L’hyper rentabilité, la performance et l’individualisme sont portés aux nues, alors que nos humanités nous ont appris à relativiser aussi tout cela, et à chercher davantage la plénitude, l’individuation, et une liberté articulée à l’égalité. Les individus et les sociétés croient qu’ils vont pouvoir être les passagers clandestins de la morale, que la lâcheté est plus payante que le courage. Pour l’être humain, et pour les sociétés, le prix de la lâcheté et du renoncement est beaucoup plus cher à payer que le prix du courage. La lâcheté fabrique de l’érosion de la personne, de l’isolement et met en danger les structures collectives. Vaille que vaille, confinons la lâcheté à jamais !
Pour éviter de traiter les vraies questions, si difficiles, notre société se réfugie, comme on le sait, dans la représentation et le spectacle : de la terreur, de la pitié, d'une part, avec des morts et des cadavres, pour lester de réel et de grave des répétitions vaines; du pain et des jeux, de l'autre, pour susciter l'intérêt. Elle se drogue alors à la question : qui va gagner ? Sans cesse reprise, celle-ci lance et promeut un temps haletant, celui d'un suspense toujours recommencé.
La solution à la crise économique, qui nous ronge aujourd’hui, ne doit pas simplement consister à restaurer la situation antérieure, mais doit déboucher sur un changement de paradigme. Si nous vivons une crise, aucun retour en arrière n’est possible. Il faut donc inventer du nouveau. Faisons confiance à la puissance de l’intention. Il nous suffit de voir ce que nous croyons ! Car il est bien connu que les nouveautés arrivent comme un voleur dans la nuit, sur des pattes de colombe. Accueillons-les !
Penser trouve. A l’envers et à l’avers, de face et de profil, il n’est de Monde que l’esprit en exploration. Imiter répète, dont le réflexe revient. Il n’est de Monde que de flagrances mystérieuses, il n’est de Monde que d’effluves traversant l’horizon, la mesure à contretemps. Notre Terre, notre foyer verdeur de vigueur, n’est jamais revenu secoué de vertige, l’écorce fendue de part en part, le regard vivifié par ce qui est.
Ce qui est force de vie et ce qui est douleur, ce qui est légèreté et ce qui est lourd à porter, ce qui est grandeur et ce qui aberration, ce qui est vivacité retentissante et ce qui est désarroi, ce qui s’avance coupé-décalé, hors format, masqué, ce qui échappe au discours de l’ordinaire. Ce qui est : Notre chère et tendre Biogée.
Au fur et à mesure de ces dernières semaines, dans le monde, ce sont 7 300 milliards de dollars qui ont été débloqués pour limiter le contrecoup économique de la pandémie. Or, si ces fonds ont été majoritairement dirigés pour répondre aux urgences de l’instant, 4% seulement sont aujourd’hui dédiés à des projets verts. Et si la crise actuelle sonnait à son tour, l’achèvement de ce règne excessif de l’économie ? Après Jupiter et Mars, Quirinus quitterait-il le trône ? Mourait-il d’avoir dirigé, de régler encore une exploitation du monde mortelle pour lui ?
Rappelons-nous, pour finir, que le cours de l’existence est un long voyage. La grâce d’un cheminement, transcendant le regard commun, est de s’élancer, l’œil et l’oreille élevés pour voir et entendre et découvrir l’autre dans sa condition, sans artifices. N’oublions pas, chers amis, nos enfants nous regardent !
« Aucun acte vertueux n’est aussi vertueux du point de vue de notre ami ou ennemi que du notre. Par conséquent, nous devons avoir une forme définitive de l’amour qui est le Pardon. » Sage Inconnu.
Webinar : Les comportements des marchés boursiers face au COVID19
Dans le cadre de son cycle de webinars, retrouvez, sur notre chaîne YouTube, la rediffusion du live organisé par CDG Capital, autour des comportements des marchés boursiers face au COVID19.
Le Savetier et le Financier : le rôle de la finance dans la reconstruction de lendemains incertains
Au 13ème siècle, les Génois ont pratiquement inventé la finance moderne. A l'époque déjà, commerce de l’argent, production et échanges de marchandises étaient intimement liés jusqu'à devenir aujourd'hui, une trinité sacrée : Argent, Monnaie, Finance. Que nous dévoile Covid 19 sur le comportement et la valeur de ce trio ? Découvrez les réflexions de Mr Hamid Tawfiki, DG de CDG Capital, sur sa nouvelle tribune.
« Celui qui parle seul espère parler à Dieu un jour. » Antonio Machado
Le temps de lire dilate joyeusement le temps de vivre. Relire, par exemple, les Fables de la Fontaine a été, pour moi, un immense plaisir et un véritable régal ! Comme le dit un adage : un texte de qualité est comme l’or, il dure dans le temps et raisonne avec le présent. Et c’est vrai, Jean de La Fontaine est toujours d’une étonnante actualité, comme tous ses écrits.
Bien souvent oubliées et mises de côté parce qu’on croit à tort les connaître depuis l’école, ces Fables intempestives consistent en un programme à réaliser de toute urgence pour se rendre compte que l’art de La Fontaine est avant tout un art de vie. Ces écrits nous permettent de résister à l’anesthésie des lieux communs et nous proposent une sagesse de la limite.
Jean de la Fontaine nous est précieux, tous les jours, parce qu'il nous donne les mots, parce qu'il nous donne les histoires pour être rapatriés sur terre, dans le monde des Hommes, ce monde humain, trop humain. Avec lui on apprend que la beauté intrinsèque du savoir est aussi du domaine de la poésie et que l’activité poétique est aussi connaissance, car l’une et l’autre reposent sur un tissu commun : l’imagination.
En dehors de tout système, de tout dogme, La Fontaine nous est une béquille, il aide à faire naître la douce habitude, sa paideia caresse le meilleur et le pire. Il mérite largement d'être érigé en saint patron de l'écologie, pas seulement parce qu'il rend une âme aux animaux et même aux végétaux, mais parce qu'il se fait le poète d'une disposition sans laquelle il ne saurait y avoir de véritable sauvetage de la nature: la gratitude, la capacité à remercier, à voir un don dans ce qui nous est donné, dans ce que nous recevons. De grâce donc, faites-vous plaisir, lisez ce fabuliste et savourer la façon dont ce marionnettiste traite de la condition humaine et de la société de son temps.
Pour illustrer notre présente tribune, le choix du conte «Le Savetier et le Financier» s’est imposé naturellement à nous. C’est une fable exquise qui nous transporte dans le monde d’ici-bas et nous interpelle, d'une façon paradoxale, sur le rôle de l'argent. Sa morale du contentement et de la sagesse est, comme d’habitude, si explicitement implicite.
Dès qu’on parle d’argent, on pense à la monnaie. En plus, l’odeur de l’argent nous fait systématiquement humer le parfum de la finance. Mais que dévoile la crise sanitaire sur le comportement et la valeur de ce trio ?
Tout d’abord, un bref rappel historique. Nous savons, tous, que les activités financières apparaissent en même temps que les activités marchandes. Dès le 13ème siècle, alors que s’intensifiaient les échanges entre les Flandres et le nord de l’Italie, les Génois ont pratiquement tout inventé de la finance moderne. Commerce de l’argent, production et échanges de marchandises ont de tout temps été intimement liés. Le couple économie-finance est devenu aujourd’hui totipotent, leur dictionnaire domine le langage d’usage et leur consubstantielle interdépendance est une infection virale.
Aujourd’hui, cette finance moderne a, grosso modo, quatre fonctions: le transfert de la richesse dans le temps, la gestion des risques, la mise en commun des richesses, la production d’Information (prix), le règlement. Ces fonctions consistent à rassembler l’épargne dispersée pour l’affecter à des projets d’investissement dont l’envergure et le risque dépassent ce qui est à la portée des fortunes individuelles. Elles permettent aussi d’offrir à cette épargne une grande variété d’instruments différents par leurs couples rentabilité-risque, et d’organiser un vaste marché d’échange des risques inhérents à tout investissement productif.
Le développement, la diversification et la spécialisation des activités financières participent ainsi pleinement au mouvement général de division sociale du travail. En finançant l’économie, ces activités contribuent incontestablement à l’accroissement de la richesse.
Cela étant dit, revenons à nos moutons (la Fontaine oblige !) et traitons le présent. L’information du moment est : Miss Pandémie & Mr Confinement ont provoqué l’arrêt cardiaque de l’économie presque partout, impliquant de facto une très forte hausse, probablement durable, des besoins de financement des entreprises et des États. Aussi, certaines questions s’imposent-elles à nous : comment se passent le financement des économies pendant et après la crise du coronavirus ? Comment satisfaire ces besoins de financement? Et avec quelles conséquences? Quid de l’équilibre entre l’épargne et l’investissement ? Quelle est la structure de l’épargne et des financements ?
Les États devaient, d’abord, réagir à court terme à la chute de l’activité : prise en charge du chômage partiel, distribution des aides aux vulnérables, garantie des financements de trésorerie, éviter, coûte que coûte, des faillites massives. Ensuite, pour préparer l’avenir post-crise, à plus long terme, les États doivent maintenant relancer l’activité, repenser leur modèle économique, aider les entreprises à investir, contribuer au financement des (re)localisations d’industries stratégiques. Ainsi, avec la baisse des profits, la nécessité de réorganiser les chaînes de valeur et un endettement de survie contracté pendant la crise, nous allons avoir une hausse considérable et durable du besoin de financement des entreprises et des états.
Si, maintenant, la capacité de financement des ménages ne progresse pas du même montant, alors il apparaîtra un déséquilibre épargne-investissement. En outre, tous les états du monde ont besoin d’argent, en même temps, pour financer leur relance. L’argent va devenir rare et donc potentiellement cher.
« When nothing is sure, everything is possible » Margaret Atwood
Quelques éclaircissements s’imposent avant d’aller de l’avant. « Tout fou confond valeur et prix”, disait un poète italien. En effet, il est facile d’assimiler les deux termes comme équivalents, alors qu’en réalité ils correspondent à des choses très différentes : si le prix est une donnée objective et déterminée, la valeur est une donnée subjective spécifique à une personne particulière. Il en va de même pour deux autres termes que l’on peut facilement confondre mais qui sont équivalents à des réalités différentes : argent et monnaie. L’argent est traditionnellement défini comme l’actif qui remplit les trois fonctions suivantes : réserve de valeur, moyens d’échange et unité de compte. Alors que la Monnaie est un instrument qui est converti en monnaie sur la base d’une loi qui le prévoit.
Heureusement, pendant la crise, les ménages épargnent beaucoup car ils ne peuvent pas consommer. Mais après la crise, s’il n’y a pas une hausse de la capacité de financement des ménages, alors il y aura insuffisance d’épargne, pouvant entraîner une hausse des taux d’intérêt, et par conséquent une difficulté pour financer les besoins nouveaux des États et des entreprises.
Les besoins post crise vont conduire à de fortes émissions de dettes des entreprises et de dette publique. Les épargnants peuvent ne pas désirer détenir autant de dette des entreprises et de dette publique dans leur richesse (directement ou au travers des intermédiaires financiers) par rapport aux autres actifs (monnaie, actions cotées ou non cotées, immobilier). Il y aura alors déséquilibre. C’est alors qu’interviennent les États et les banques centrales. Les États garantissent les crédits aux entreprises pour les rendre moins risqués pour les prêteurs. Les banques centrales achètent des dettes publiques (Quantitative Easing) voire des dettes d’entreprises et payent en créant de la monnaie ; ceci permet aux épargnants de détenir davantage de monnaie et non davantage de dettes.
En temps normal, le Quantitative Easing a comme objectif théoriquement de stimuler la demande : les banques, détenant davantage de réserves de liquidité, prêtent davantage ; les ménages, détenant davantage de monnaie, consomment davantage. En théorie ça marche, quid de la pratique made in Pandémie ? Attendons, nous verrons. La confiance ne peut pas se décréter. Elle ne fonctionne pas à l’instruction.
“There are 10^11 stars in the galaxy. That used to be a huge number. But it's only a hundred billion. It's less than the national deficit! We used to call them astronomical numbers. Now we should call them economical numbers.” Richard Feynman
Le déficit public 2020 de l’ensemble des pays de l’OCDE pourrait atteindre près de 14% du Produit Intérieur Brut. On constate, par ailleurs, une augmentation de 70% de la quantité de monnaie offerte par les banques centrales passant de 14 000 milliards de dollars au début de 2020 à 24 000 milliards de dollars à la fin de 2020. Il y a donc une expansion monétaire considérable, et en conséquence la perte potentielle de la valeur de la monnaie, puisque l’offre de monnaie est excessive.
Si un seul pays menait une politique monétaire très expansionniste et augmentait considérablement l’offre de monnaie, la perte de valeur de la monnaie du pays se ferait vis-à-vis des monnaies des autres pays : il y aurait une forte dépréciation du taux de change du pays qui mène seul une politique d’expansion monétaire. C’est ce qu’on observe aujourd’hui dans plusieurs pays émergents.
Cependant, tous les pays de l’OCDE mènent symétriquement cette politique d’expansion monétaire considérable, et en conséquence les taux de change entre les pays de l’OCDE (Etats-Unis, Zone Euro, Royaume-Uni, Japon) restent très stables. Un pays avancé, un pays émergent, le même problème, le même schéma, une solution salvatrice pour l'un, une solution insidieuse pour l'autre. Iniquité mon amour !
Précisons ce concept de perte de valeur de la monnaie. Le cas traditionnel de la perte de valeur de la monnaie est celui lié aux biens et services. Les perdants sont, bien-sûr, les détenteurs de monnaie, on parle aussi dans ce cas de « taxation des détenteurs d’actifs monétaire par l’inflation ». Cependant, de nos jours, on constate, de plus en plus, le fait qu’il n’y a plus de corrélation entre l’offre de monnaie et les prix des biens et services.
Selon un économiste de renom, le cas contemporain de la perte de valeur de la monnaie est celui lié aux actifs financiers -actions, obligations- ou actifs immobiliers. Il s’agit ici de l’inflation des prix des actifs. Cette corrélation entre la quantité de monnaie et les prix des actifs vient du mécanisme de rééquilibrage de portefeuille. Cela conduit certainement à des bulles sur les prix des actifs. Les perdants sont alors ceux qui doivent acheter des actifs à partir d’une détention de monnaie, liée à leur revenu en particulier. Par exemple Les jeunes aujourd’hui, qui doivent épargner en vue de leur retraite future, et acheter un logement demain, seront les perdants.
Comme tous les pays de l’OCDE mènent une politique d’expansion monétaire très rapide. Il va en résulter une perte de la valeur de la monnaie dans les pays de l’OCDE vis-à-vis des actifs financiers et immobiliers. Mais, vaille que vaille, laissons notre esprit vagabonder. Le pire des scenarii serait que la perte de la valeur des monnaies publiques, remplacées par des monnaies (crypto-monnaies) privées comme monnaies de transaction. Pour information, le prix du Bitcoin est passé de 5400 dollars avant la crise à 9400 dollars mi-mai 2020. Avec ce scénario, les banques centrales, qui émettent les monnaies publiques, disparaîtraient donc au profit des institutions émettant les monnaies privées.
La disparition de la demande pour les monnaies officielles publiques comme monnaie de transition générerait une crise épouvantable où les monnaies privées remplaceraient les monnaies publiques, où les prix des biens et services exprimés dans les monnaies publiques seraient en hyperinflation. Le pire n’est jamais certain. Le black swan non plus ! Sauf que la Pandémie était, belle et bien, un cygne noir !
« Ne sutor ultra crepidam ! » « mêlez-vous de votre pantoufle » Apelle
En résumé, l’arrêt et la distorsion de l’économie couplé avec le souci d’éviter des faillites massives pour prévenir une destruction sépulcrale de la machine économique et le besoin de relancer l’économie de manière durable, font que le financement de la reconstruction s’avère être un vrai conundrum pour tous les pays.
Pour les pays avancés, la maturation des marchés de capitaux, le niveau très bas des taux d’intérêt, helicopter money, et la coordination des politiques d’expansion monétaire des banques centrales, leur permettent de dégager des marges de manœuvres et des degrés de liberté pour répondre à leur besoins. Les risques d’instabilité existent et vont augmenter. L’essence de la finance ie la confiance en la monnaie et envers les institutions financières (banques centrales), est peut-être durablement fragilisée.
Pour les pays en développement, espérons qu’une symbiose augmentée avec la nature produira une résilience renforcée ; espérons qu’une utilisation intense du digital pourra accélérer leur histoire ; espérons qu’une souveraineté sereine pourra se conjuguer avec une coopération féconde avec des frères de cœur ; espérons qu’ils retrouvent une confiance en béton dans leur aptitude à gérer de manière durable leur capital immatériel. Ce faisant, ils pourront construire fièrement les bases d’une économie positive et d’un avenir durable. Les pays en développement ont encore la solidarité chevillée au corps. C’est un essentiel à préserver.
«Le Savetier et le Financier» laisse entendre qu'on ne mesure pas la vraie richesse d'un homme à ses finances, que le besoin de possession procède d'une illusion mensongère.La prospérité, financière, matérielle, n'implique pas un contentement. Tout au long de cette fable, se profile aussi l'idée qu'il faut servir l'intérêt commun et non pas l'ambition personnelle, et s'imprime, avec la force du burin, que le lien social est supérieur à l'intérêt personnel. Voici une belle sagesse de la limite à méditer.
« Rien de ce qu’il vaut la peine d’être fait ne peut être accompli en une vie. Par conséquent, nous devons avoir l’Espoir » Inconnu
Le mythe de Saint-Denis
"Quand le souffle s’essouffle et quand l’élasticité devient viscosité, il est grand temps de faire appel à la puissance de l’ex-nihilo pour faire émergence et commencement, pour raviver la flamme de l’enthousiasme du vivre ensemble dans un monde qui se transforme à toute vitesse" ...
Une tribune de Mr Hamid Tawfiki, DG de CDG Capital.
“If you tell the truth, you don't have to remember anything.” Mark Twain
Savez-vous que le terme scientifique du syndrome de la page blanche est la leucosélophobie ? Moi je ne l’ai appris que dernièrement, mais avec ravissement. Pour un auteur, ce phénomène est dû à sa volonté de créer une œuvre parachevée, de faire luminescence, tout en pensant que toute idée qui lui vient à l'esprit est, a priori, systématiquement mauvaise, de telle sorte qu'il devient alors impossible pour lui de commencer ou de compléter son œuvre.
L'avenir, notre avenir, est-il, lui aussi, sujet à la leucosélophobie? Force est de constater que, de nos jours, répondre à cette interrogation est au mieux positif, au pire intransitif. Cela dit, la complexité de la situation et son aspect inédit, nous oblige, indubitablement, à transposer cette espèce de paralysie intellectuelle, à nos chemins de vies, nos trajectoires futures : notre vie est une succession de pages blanches qu'il nous incombe de métamorphoser en quelque chose de construit et qui possède du sens. Cela nous rappelle que nous sommes, au moins en partie, et probablement beaucoup plus que nous ne le pensons, créateurs de ce que nous vivons.
Avant d’aller plus loin, rappelons que si le syndrome de la page blanche est la phobie de l’auteur, le « pas-maintenant » est le mantra du procrastinateur. Horresco Referens. Mais notre vie n’est que mouvement disait Montaigne, alors allons-y ! Écoulement vôtre !
Dans notre précédente tribune, nous avions souligné qu’avec la Pandémie, le sort de l'économie mondiale ne dépend pas de ce qu’induit le virus, mais de la façon dont nous choisissons de réagir. Décider, agir, agir même parfois, s’il le faut, contre soi, pour relever les défis auxquels nous sommes aujourd’hui confrontés et prendre les décisions stratégiques courageuses qui s’imposent.
Nous avons constaté, partout dans Pantopie, le retour en force de l’État-providence. Cela veut dire qu’en premier lieu, l’État s’occupe du bien-être social des citoyens, et non plus seulement de la police, de battre la monnaie, de gérer ses relations internationales ou de faire la guerre. En second lieu, lorsque les solidarités primaires sont défaillantes, les citoyens peuvent compter sur la puissance publique, pour vivre l’émanation de la solidarité nationale.
État-providence, État-incitateur, État-stratège ?
Avec la Pandémie, l’avènement (ou le retour) de l’État providence a marqué une profonde inflexion de la conception du rôle de l’État : jusqu’alors voué au respect des grands équilibres, celui-ci se voit, aujourd’hui, un peu partout, par nécessité, confier la responsabilité du développement économique et social. Cette responsabilité implique l’adoption d’une démarche proactive, illustrée par la construction de «politiques», visant à atteindre certains objectifs, au nom de l’impératif de «la reconstruction ».
Avant, l’État était chargé de superviser le jeu économique, en établissant certaines règles et en intervenant de manière permanente pour amortir les tensions, régler les conflits, assurer le maintien d’un équilibre d’ensemble. Il appartenait à l’État, presque partout, de veiller à ce que la croissance soit régulière, continue, harmonieuse, en corrigeant les fluctuations du marché, ainsi que de favoriser l’avènement d’une société plus juste et mieux intégrée, par la réduction des inégalités et la possibilité donnée à tous d’accéder aux biens essentiels. Ambition louable avec des résultats qui restaient très mitigés.
Aujourd‘hui, l’impact de la Pandémie est tel que nous sommes en train de passer de l’Etat Pilote à l’État stratège. Cela signifie que l’État est tenu maintenant d’adapter ses formes d’action à l’arrêt brutal de l’économie. Devant penser la reconstruction d’une économie dans un jeu complexe d’interactions et d’arbitrages, l’État est conduit à élaborer une stratégie adéquate, prenant en compte à la fois la nouvelle réalité (dislocation des chaines de production, retour à l’essentiel, le climat et la durabilité), les nouvelles contraintes (la procrastination bannie à jamais) et les moyens d’actions nécessaires.
On peut pousser, encore plus loin, ce volontarisme, en donnant à l’État, pendant cette période de reconstruction, la mission de concevoir et de mettre en œuvre un projet global de développement, couvrant tous les aspects de la vie économique et sociale : la planification serait l’expression emblématique de cette grande ambition ; prolongée par un ensemble de politiques sectorielles, économiques, mais aussi sociales et culturelles, la démarche planificatrice exprime la conception d’un État érigé en fer de lance d’un changement structurel.
Quid de l’irrigation du corps économique? Longtemps, la finance fut subordonnée à l’activité économique. Depuis environ plus de deux décennies, le lien de subordination s’est inversé. La crise de 2008 avait d’abord touché la finance avant de se propager à l’ensemble des compartiments de l’économie. Cependant, aujourd’hui, nous avons une crise sanitaire qui a déclenché une crise cardiaque économique, et, pendant ce temps, la finance danse, serre les dents et attends son tour.
Après le coma provoqué de l’économie, les puissances publiques des pays avancés sont intervenues, immédiatement, massivement, peut-être excessivement. Ils ont compensé partiellement la perte de revenus des entreprises et des ménages par un déficit public colossal. L’augmentation de ce déficit public serait du même ordre que la perte du revenu national, le PIB. L’addition des plans de «relance», de «sauvetage», de « survie » des économies représenterait plusieurs milliers de milliards de dollars. Mais, mille sabords, d’où vient cet argent ? Cela me rappelle "Moha-le-fou" qui disait que les banques s’octroient un principe divin : elles créent la monnaie à partir de rien.
Avant d’aller plus loin, écoutons ce que nous raconte l’histoire sur ce sujet. La révolution industrielle a jeté les bases de notre époque capitaliste moderne. L'innovation, en cette période dynamique, reposait sur l'adoption généralisée de deux idées anciennes: la création du papier-monnaie et l'invention des banques qui émettaient du crédit. Aujourd'hui, nous prenons ces systèmes pour acquis, mais à la base, les deux idées étaient révolutionnaires et presque magiques.
Le papier ordinaire est devenu aussi précieux que l'or, les dépôts bancaires à court terme ont été transformés en prêts à long terme risqués. Cette alchimie financière (dont l’essence est la confiance) est à l’origine de la création de pouvoirs financiers extraordinaires. La foi en ces pouvoirs a entraîné d'énormes avantages ; la liquidité créée a alimenté la croissance économique depuis maintenant deux siècles. Cependant, ces pouvoirs ont également produit une série sans fin de catastrophes économiques : de l'hyperinflation aux effondrements bancaires en passant par la stagnation, voire la récession mondiale.
Pour financer la guerre sanitaire contre le coronavirus, les banques centrales renouent avec leurs origines plus qu’elles ne s’en éloignent. Elles ont été bâties à partir du 17ème siècle pour trouver un moyen plus efficace de financer la guerre militaire. «La Old Lady» britannique a été créée en 1694 pour porter la reconstruction de la flotte militaire anglaise détruite par les Français. La Banque de France a été fondée en 1800, notamment pour accompagner les offensives de Napoléon. Et l’histoire est la même partout en Europe, du Portugal à la Finlande.
En fait, pour sauver les Etats sans les endetter au-delà du soutenable, les banques centrales ont fait un pas de plus dans la direction du quantitative easing. Après la FED, La Banque d'Angleterre et la BCE, un nouveau pas a été fait par la Banque du Japon sans l’avouer, mais un pas qui constitue pour certains le franchissement d’une ligne rouge : Les Banques Centrales vont devoir acheter directement des obligations d’Etat. Et ensuite, peut-être, probablement, un jour, boukra, les effacer.
Quid de la finance des marchés? À bien y regarder, les Bourses mondiales se sont comportées comme tout le monde vis-à-vis de l’épidémie : elles se sont d’abord aveuglées, puis ont paniqué, avant de se stabiliser dans une forme d’accoutumance inquiète. La crise financière a-t-elle été évitée ? Restons prudents, restons vigilants. L’œil du cyclone nous guette.
Le système financier global a bien sûr été impacté (son stock ne peut pas être durablement immunisé et ses flux reflètent déjà l’inquiétude, le questionnement silencieux des opérateurs). Une intensification de la crise (sanitaire et économique) pourrait menacer encore plus la stabilité financière. C’est pour cela que les banques et les marchés de capitaux doivent sortir de «l’ankylose» pour épouser la transformation programmée de l’économie, en étant une force de propositions, un cœur dynamo. Ils doivent refléter dans leurs offres, leurs allocations de capital, leurs appétits de risque, les nouvelles priorités, les nouvelles exigences de la reconstruction. Et surtout faire que le risque systémique soit notre clarté à tout moment.
Par conséquent, dans plusieurs pays avancés, ce n’est pas seulement de la dette qui finance la crise, mais la monnaie. Comment les générations futures devront-elles gérer ce lourd héritage (par l’impôt, par l’inflation ou par les deux) ? Quel est l’impact de la masse gigantesque de monnaie produite pour financer la reconstruction? Pensons-y et préparons-nous à cette instabilité induite dès maintenant.
“I guess I should warn you, if I turn out to be particularly clear, you've probably misunderstood what I've said.” Alan Greenspan
Et pour finir, faisons appel à notre passe-partout, notre pantope préféré. Il nous avait conté, jadis, une légende plaisante : Au 2ème siècle après Jésus-Christ, un évêque du nom de Saint Denis est décapité sur ordre du pouvoir romain. Un «miracle» se produit alors : le supplicié prend sa tête dans ses mains et se met à marcher ! Notre Tiers-Instruit avait utilisé cette légende, pour apporter avec humour et fantaisie une réponse pédagogique et optimiste à tous ceux qui pensent qu’il n’y a plus d’avenir !
Quand la cognition centrale, qui englobe la mémoire, le raisonnement, la compréhension, est objectivée, ou autrement dit, quand on fait sortir du corps ses performances, ses fonctions cognitives, pour les loger dans l’objet (ici l’ordinateur) que nous reste-t-il ? Notre Arlequin répondait sagement, en utilisant la parabole de Saint-Denis, pour dire qu’en perdant «notre tête» et en la remplaçant par l’ordinateur, il nous restait, nous, être humain, ce qui est noble, ce qui est l’essence même de l’évolution : l’imagination, la créativité, l’innovation.
Quand le souffle s’essouffle et quand l’élasticité devient viscosité, il est grand temps de faire appel à la puissance de l’ex-nihilo pour faire émergence et commencement, pour raviver la flamme de l’enthousiasme du vivre ensemble dans un monde qui se transforme à toute vitesse.
En ce moment, l’histoire qui nous attend ressemble un peu à la Renaissance, celle qui nous pousse à voir un équivalent Moyen Age s’écrouler. On veut garder le meilleur du passé, c’est certain, mais il faut voir qu’il y a un virage à prendre et qu’il nous faut le prendre avec élan. Cela vaut le coût, vraiment le coup, d’être les entrepreneurs de ce monde de demain.
“Rien de ce qui est vrai ou beau ou bon n’a un sens complet dans un contexte immédiat de l’histoire. Par conséquent, nous devons avoir la foi» Un sage inconnu
Les signaux faibles de la Pandémie
Avant #COVID19, l'économie mondiale était déjà sur une voie fragile et non durable. La Pandémie a provoqué l’arrêt du mouvement, la halte des agitations, le retrait de la marée. En somme, le début du cauchemar de Ponzi. Mais la Pandémie nous envoie aussi des signaux faibles, écoutons-les. Une tribune de Mr Hamid Tawfiki, DG de CDG Capital
« Ah ! l'Homme, ce prodige réfractaire à ses chances et fasciné par l'échafaud de ses vanités, sans cesse écartelé entre ce qu'il croit être et ce qu'il voudrait être, oubliant que la plus saine façon d'exister est de demeurer soi-même, tout simplement. » Yasmina Khadra
Il a suffi qu’un micron-nain, un sino-quark, Mister «unknown-unknown», ne pouvant pas être isolé, décide, tout seul, de prendre le large, d’errer, de vaguer, pour mettre en exergue nos maux, nos fragilités, nos vulnérabilités, nos peurs, nos valeurs, et nos illusions. Le déconfinement du virus entraina, automatiquement, le confinement du Monde et provoqua l’arrêt du mouvement, la halte des agitations, le retrait de la marée. En somme, le début du cauchemar de Ponzi.
La Pandémie a remis sur la table le sujet de la mort. D’aucuns ont conclu hâtivement que le remède, la solution, est la santé absolue, voire la santé comme valeur suprême d’une société, justifiant ainsi la nécessaire médicalisation de la société. Mais, de grâce, rappelons-nous que la santé n’est qu’un bien et non pas une valeur. On omet souvent qu’il n’y a pas de vie sans la mort. Il ne faut pas avoir la phobie de la mort. Il faut au contraire l’accepter, nonchalamment, pour mieux vivre sa vie.
Lorsqu’on parle de mort, la peur surgit et réclame le prime time. Bien sûr que la Pandémie a déterré nos peurs. Mais la peur est naturelle. On le sait bien, chassez le naturel, il revient au galop. La peur a un rôle déterminant pour protéger notre organisme. Elle est là pour nous sauver. La peur de la mort n’est autre qu’un viatique de la vie. Il ne faut ni la vénérer, ni s’y enfermer. Il ne faut surtout pas essayer de l’éviter. Il faut aussi arrêter de penser qu’il faut être courageux pour ne pas avoir peur. La peur est un chemin précieux pour trouver du courage. Il n’y a pas de courage sans peur. Le courage nous permet tout simplement de prendre la décision de dépasser notre peur.
«Vivre, c'est s'obstiner à achever un souvenir» René Char
L’inattendu. L’événement. La Pandémie a ébranlé notre économie. Lorsque la dynamique de la chaîne se brise, la musique s’arrête, la flamme se pantèle et la vérité s’illumine, s’impose et s’expose. Quand la mer se retire, on voit ceux qui nagent nus disait avec sagesse Warren Buffett. Le monde est un grand bal où chacun est masqué. Avec l’avènement de la crise, Aléthea entre en scène et crie Bas les masques ! Le spectacle est fascinant : Ici, des pleutres, qu’on reconnaît à leur couardise, crient aux abois : courage fuyons ! ; là, la kakistocratie, hier tenace en se déguisant en norme, aujourd’hui éperdue, tétanisée, nilpotente; ailleurs, des cités, jadis puissantes, deviennent inertes, impotentes à leur insu ; usque-quaque des dettes longtemps saines mais virales, dansent avec les loups qui commencent à sentir l’odeur du douteux.
Au milieu de ce brouhaha, nous avons, bien sûr, besoin d’un peu de sérénité pour conter ce monde tumultueux.
Dès les premiers jours, on a, tout de suite, constaté l’insuffisance du marché face aux problèmes d’action collective et l’importance de la capacité des États à répondre aux crises et à protéger les populations. L’avènement de la Pandémie a, très vite, confirmé les besoins d’une assurance maladie universelle, de protections plus solides du marché du travail et d’une sécurisation des chaînes d'approvisionnement nationales pour les équipements médicaux essentiels. La crise sanitaire a conduit aussi les pays à privilégier, à l’avenir, la résilience et la fiabilité de la production, aux économies de coûts et à l'efficacité obtenues, jadis, grâce à l'externalisation et la délocalisation.
Poursuivons notre récit. On voit venir, avec le temps, une augmentation des coûts économiques des confinements car le choc massif de l'offre, provoqué par la perturbation de la production nationale et des chaînes de fabrications mondiales, entraîne également une baisse de la demande globale.
A ce stade, Il est évident que l'économie mondiale sera façonnée dans les années à venir par trois tendances : un premier rééquilibrage de la relation Marchés-État, en faveur de ce dernier ; un second rééquilibrage entre hyper-mondialisation et autonomie nationale, également en faveur de cette dernière ; Et enfin, le besoin de se débarrasser de nos sempiternelles obsessions, à savoir accepter la baisse de nos ambitions démesurées de croissance économique.
Mais si cette crise sanitaire renforce et confirme les trois tendances précitées, elle n’est pas la principale force qui les fait émerger. Ces tendances sont antérieures à la pandémie. Si elles sont considérées par certains comme des menaces pour la croissance mondiale, il est également possible qu'elles soient les signes avant-coureurs d'une économie mondiale plus durable et plus inclusive.
Souvenons-nous que la crise 2008 avait mis en évidence le fait qu’il n’existe pas un marché libre et transparent, ni un marché qui s’auto-régule dans un sens positif grâce à ses propres mécanismes. Le marché n’est pas un agent efficace en lui-même, il est plutôt un instrument dans les mains d’acteurs libres qui, selon les cas, donnent la priorité à des intérêts particuliers face à un éventuel bien commun.
Par ailleurs, l’économie a toujours été considérée comme une sphère autonome, très peu en relation avec les autres sphères sociétales, ce qui est en fait une profonde erreur. Les seuls acteurs réels, qui permettent que le marché fonctionne selon un modèle économique déterminé, sont les Hommes. Si l’on choisit une économie de marché libre, on accepte tout le fondement anthropologique, épistémologique et éthique qui l’accompagne.
L’économie n’est pas une science indépendante de l’être sociétal de l’homme, elle est par conséquent en relation avec les manières-d ’être sociales de n’importe quel être humain, à savoir, le familial, le juridique, le politique, l’éthique, les valeurs. Ces dimensions peuvent être considérées en elles-mêmes, mais si on les met en relation avec l’homme en tant qu’être social, elles ne sont pas indépendantes ou juxtaposées, mais conservent entre elles une relation profonde dans leurs fondements et conditionnements.
L’économie a toujours visé la croissance de la richesse, ce qui est un objectif bon en soi. Cependant, quand on exerce cette activité, d’autres éléments entrent en jeu : quels moyens choisi-t-on pour obtenir la richesse ? La richesse constitue-t-elle un moyen ou vise-t-elle une fin plus noble et élevée comme pourrait l’être une vie bonne et vertueuse ? La richesse peut-elle être un vecteur de salut face à la transcendance ultime ? La croissance infinie de la richesse et la finitude de la planète : quelle cohérence, quel sens ?
En outre, la dé-mondialisation et le découplage apparaissent comme des tendances triviales. Cependant, le retrait de l'hyper-mondialisation pourrait conduire le monde sur la voie d'une escalade des guerres commerciales et d'une montée de l'ethno-nationalisme, ce qui nuirait aux perspectives économiques de chacun. Ce n'est malheureusement pas le seul résultat imaginable. Certes, le pire n’est jamais certain mais celui-là nous épie depuis longtemps, il est à notre porte…
Par ailleurs, on ne saurait ignorer que les pays en voie de développement ont connu, en un bon quart de siècle, des réductions notables de la pauvreté et des améliorations de l'éducation, de la santé et d'autres indicateurs de développement. Tout d’abord, la pandémie a commencé par balloter leur secteur de santé publique, qui était déjà très fragile. Ensuite, les voilà, désormais, confrontés à des chocs externes importants: un arrêt soudain des flux de capitaux étrangers et une forte baisse des transferts de fonds de la diaspora, du tourisme et des recettes d'exportations. La perspective, la plus dommageable, à moyen terme, est peut-être une réduction significative de la croissance économique.
Mais encore une fois, la pandémie ne fait qu'accentuer un problème de croissance préexistant. Les pays en voie de développement devront désormais s'appuyer sur de nouveaux modèles de développement et de croissance. La pandémie est peut-être le wake-up call nécessaire pour revisiter les perspectives de croissance et élargir le champ des réflexions dont ils ont absolument besoin.
« L'Espérance est un risque à courir » George Bernanos
Soyons optimistes, des optimistes de combat ! Il est encore possible d'envisager un modèle de mondialisation économique plus sensé et moins intrusif qui se concentre sur les domaines où la coopération internationale est (devra) vraiment (être) payante, l'environnement (rappelez-vous le W.A.F.E.L du gaucher boiteux, le L de Life ie santé publique ; Hasard ou Clairvoyance ?), et d'autres domaines tel qu’une aide au développement pertinente, structurante, sans biais ni masque. Il va falloir, définitivement, entamer un vrai travail de coopération internationale pour grimper, grandir ensemble et définir de nouvelles normes sociales, environnementales et démocratiques. Un tel ordre mondial ne serait pas contraire à l'expansion du commerce et des investissements mondiaux.
Enfin, rappelons-nous, qu’avant la Pandémie, l'économie mondiale était déjà sur une voie fragile et non durable. Nous le soupçonnions. Inconsciemment ou consciemment, nous voulions croire en l’erreur de l’évidence. L’évidence vous aveugle, quand elle ne crève pas les yeux, disait Flaubert. La Pandémie n’a fait que clarifier les défis auxquels nous sommes confrontés et les décisions stratégiques que nous devons prendre. Par conséquent, le sort de l'économie mondiale ne dépend pas de ce qu’induit le virus, mais de la façon dont nous choisissons de réagir.
Acceptons l’incertitude ; Accueillons le risque ; Installons-nous sur la brèche du présent et faisons éclore l’émergence ; Ayons le courage de réussir l’avènement de notre chrysalide. La meilleure façon de combattre le mal est un progrès résolu dans le bien disait Lao Tseu. Le monde a une occasion en or de faire histoire et de faire commencement.
« Autrement dit, le but n'est pas là pour être atteint mais pour donner l'occasion d'agir, il n'est que le moyen de l'action même » Marcel Conche